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Glossaire de la facturation marocaine

Trente définitions, du sigle administratif au vocabulaire du souk. Parce qu’une bonne part des erreurs de facturation vient simplement de deux personnes qui n’emploient pas le même mot pour la même chose.

Identifiants administratifs

Les numéros qui identifient une entreprise marocaine, et ce que chacun établit.

TermeDéfinition
ICEIdentifiant Commun de l’Entreprise. Quinze chiffres, unique, reconnu par toutes les administrations marocaines. Obligatoire sur la facture pour le vendeur, et pour le client lorsqu’il est assujetti.
IFIdentifiant Fiscal. Numéro sous lequel l’entreprise est connue de la Direction Générale des Impôts ; sert aux déclarations de TVA et d’impôt.
Taxe professionnelleTaxe locale due par toute personne exerçant une activité professionnelle. Anciennement « patente ». Son numéro est rattaché à un établissement, pas à l’entreprise.
RCRegistre du Commerce. Numéro d’immatriculation au tribunal de commerce ; figure sur le modèle J.
Modèle JExtrait du registre du commerce attestant l’existence et les caractéristiques de la société. C’est le document où l’on retrouve l’ICE quand on l’a perdu.
CNSSCaisse Nationale de Sécurité Sociale. Numéro d’affiliation employeur, sans effet sur la facturation mais souvent demandé dans les dossiers d’appel d’offres.

Montants et taxes

Le registre où se logent la majorité des erreurs de calcul.

TermeDéfinition
HT — hors taxeMontant avant application de la TVA. C’est la base de calcul, et ce que la facture doit exposer ligne par ligne.
TTC — toutes taxes comprisesMontant TVA incluse. C’est ce que le client règle, et presque toujours ce qu’on lui annonce au comptoir.
TVATaxe sur la Valeur Ajoutée. Collectée par le vendeur, déductible chez le client assujetti. Taux normal de 20 %, taux réduits pour des catégories limitativement énumérées.
VentilationRépartition des montants par taux de TVA en pied de facture. Obligatoire dès que plusieurs taux coexistent, faute de quoi le montant déductible n’est pas déterminable.
AssujettiEntreprise entrant dans le champ de la TVA : elle la collecte sur ses ventes et la déduit sur ses achats.
ExonérationOpération placée hors du champ ou dispensée de TVA par un texte. Une facture exonérée porte la mention correspondante et ne fait apparaître aucune TVA.
Montant en toutes lettresTotal TTC écrit en toutes lettres. Mention exigée au Maroc ; en cas de divergence, elle prime sur le chiffre.

Documents du cycle commercial

Chaque document a une fonction propre ; les confondre crée des séries incohérentes.

TermeDéfinition
DevisOffre chiffrée. N’engage que celui qui l’émet, jusqu’à acceptation écrite — après quoi il vaut contrat.
Bon de commandeDocument par lequel le client formalise sa commande. Vaut acceptation du devis.
Bon de livraisonAtteste la remise de la marchandise. Signé par le client, il fait courir le délai de paiement et sert de preuve en cas de litige.
FactureDocument opposable constatant l’opération. Doit porter les mentions de l’article 145 du Code Général des Impôts.
Facture d’acompteFacture d’un montant appelé avant exécution, imputé sur le marché total.
Situation de travauxFacturation de l’avancement d’un chantier sur une période, en référence aux postes du devis.
Facture de soldeFacture finale, déduisant explicitement les acomptes et situations déjà réglés.
AvoirDocument annulant totalement ou partiellement une facture émise. Porte son propre numéro et référence la facture d’origine.
Facture rectificativeFacture corrigeant une erreur de forme sur une facture déjà remise, sous un nouveau numéro.
Retenue de garantieFraction du prix retenue par le client jusqu’à la levée des réserves. Modalité de règlement, pas réduction du prix : la TVA reste calculée sur la base complète.

Vocabulaire commercial parlé

Ce registre n’apparaît dans aucun manuel, et c’est pourtant celui dans lequel les ventes se concluent réellement au Maroc.

TermeDéfinition
RiyalUnité de compte traditionnelle valant un vingtième de dirham. Encore couramment employée pour les petits montants. « Mitin riyal » = 10 dirhams.
MelyounDix mille dirhams — et non un million. Employé pour les grosses transactions : « joj melyoun » = 20 000 dirhams.
Khallasni« Il m’a payé ». Signale un montant encaissé, donc toutes taxes comprises : la base hors taxe doit être recalculée.
FatoraFacture. « Sayab liya fatora » = « établis-moi une facture ».
Wakha« D’accord ». La confirmation, celle qui déclenche l’émission.
Kachi / cachetTampon de l’entreprise. Sans valeur légale au sens strict, mais pratiquement indispensable : une facture sans cachet est régulièrement retournée.

Fatora-Bot comprend ces formulations telles qu’elles se disent, convertit les unités et annonce la valeur en dirhams dans le récapitulatif avant émission — pour que l’erreur, s’il y en a une, se voie avant la facture et non après.

Facturation électronique

Le vocabulaire qui arrive avec le mandat DGI, et qu’il vaut mieux comprendre avant qu’on vous le vende.

TermeDéfinition
Facturation électroniqueÉmission, transmission et conservation des factures sous forme structurée. Un PDF envoyé par email n’en est pas une.
Clearance / validation préalableModèle dans lequel chaque facture est transmise à une plateforme nationale et validée avant de produire ses effets juridiques. C’est le modèle retenu par le Maroc.
Post-auditModèle inverse : les entreprises échangent librement, l’administration contrôle a posteriori.
Format structuréFichier où chaque donnée occupe un champ identifié, lisible par une machine sans interprétation.
UBL / CIIDeux standards internationaux de facture structurée. UBL 2.1 est le plus répandu dans les dispositifs de type clearance.
Article 145-IX du CGIBase légale de l’obligation de facturation électronique au Maroc.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre HT et TTC ?

Le montant hors taxe est la base avant TVA ; le montant toutes taxes comprises est ce que le client règle. Pour retrouver le hors taxe à partir d’un prix TTC, on divise par un plus le taux — au taux normal, 1 200 dirhams TTC correspondent à 1 000 dirhams hors taxe et 200 dirhams de TVA.

Combien vaut un melyoun en dirhams ?

Dix mille dirhams. Le terme prête à confusion pour qui l’entend comme « million » : « joj melyoun » désigne 20 000 dirhams, pas deux millions.

Combien vaut un riyal marocain ?

Un vingtième de dirham. C’est une unité de compte traditionnelle encore très employée dans le commerce de détail : « mitin riyal » correspond à 10 dirhams.

Quelle différence entre un avoir et une facture rectificative ?

L’avoir annule ou réduit un montant : retour de marchandise, annulation, remise accordée après coup. La facture rectificative corrige une erreur de forme — adresse, désignation, ICE — sur une facture dont le montant reste juste.

Ce guide présente le cadre général applicable au Maroc. Il ne remplace pas l’avis de votre expert-comptable ni les textes publiés par la Direction Générale des Impôts, dont les valeurs chiffrées évoluent avec les lois de finances.