Le prix se dit TTC, la facture part du HT
Au comptoir, personne n’annonce un prix hors taxe. Le client demande combien il doit, le vendeur donne un montant tout compris, et l’encaissement se fait sur ce montant.
La facture, elle, doit exposer la base hors taxe, le taux et le montant de TVA. La conversion se fait en divisant le TTC par un plus le taux — et non en retranchant le taux, erreur classique qui fausse la base de plusieurs pour cent.
C’est pourquoi les formulations d’encaissement sont interprétées comme telles : quand la somme est présentée comme reçue — « khallasni 1 200 » — elle est traitée comme un montant toutes taxes comprises, la base hors taxe est recalculée, et le récapitulatif annonce les deux avant émission.
Riyal, melyoun : les unités réellement parlées
Dans une grande partie du commerce marocain, les prix ne se disent pas en dirhams. Le riyal — un vingtième de dirham — reste courant pour les petits montants ; le melyoun — dix mille dirhams — s’emploie pour les grosses transactions.
Un outil qui ne comprend que le dirham oblige le vendeur à convertir mentalement à chaque facture, ce qui est à la fois lent et source d’erreur. Les deux unités sont donc reconnues et converties, et la valeur en dirhams est répétée dans le récapitulatif — pour que l’erreur, s’il y en a une, se voie avant l’émission et non après.
Détail ou gros : deux exigences différentes
La distinction ne porte pas sur le montant mais sur la qualité du client, et elle change ce que la facture doit porter.
| Client particulier | Client professionnel | |
|---|---|---|
| ICE du client | Sans objet | Obligatoire |
| Remise du document | QR code à scanner sur place | WhatsApp ou email, pour la comptabilité |
| Désignation | Article vendu | Référence, conditionnement et quantité précis |
| Enjeu principal | Rapidité au comptoir | Déductibilité de la TVA chez le client |
Pour un client professionnel régulier, l’ICE et l’orthographe exacte de la raison sociale sont enregistrés une fois dans le référentiel. Les factures suivantes ne demandent plus que les articles.
Le QR code : remettre sans échanger d’email
Demander une adresse email au comptoir ralentit tout : il faut l’épeler, la vérifier, la ressaisir en cas de faute. Pour un client de passage, c’est disproportionné.
Le QR code résout le problème : le client scanne l’écran du vendeur et télécharge sa facture. Le code peut aussi être imprimé et laissé sur le comptoir. Aucune donnée personnelle n’est échangée, et la file avance.
Retrouver une vente contestée
Un client revient une semaine plus tard avec une réclamation, sans son document. La recherche à la voix — « la facture numéro 8 », « les factures de mardi », « celles d’Ahmed » — renvoie le PDF en quelques secondes, avec le total de la période.
C’est l’usage qui convainc le plus souvent les commerçants après quelques semaines : il supprime le carton d’archives et l’appel au comptable pour retrouver un document de trois lignes.
Questions fréquentes
Combien de temps prend l’émission d’une facture au comptoir ?
De la dictée au PDF émis, comptez une trentaine de secondes, dont l’essentiel est le temps de parole. Pour un client déjà enregistré, seuls les articles restent à dicter.
Les prix annoncés en riyal sont-ils compris ?
Oui. Le riyal — un vingtième de dirham — et le melyoun — dix mille dirhams — sont reconnus et convertis en dirhams. La valeur convertie est répétée dans le récapitulatif avant émission, pour permettre la vérification.
Faut-il l’ICE du client pour une vente au détail ?
Non lorsque le client est un particulier non assujetti : la mention n’a pas d’objet. Elle est en revanche obligatoire dès que le client est une entreprise assujettie, faute de quoi il ne pourra pas déduire la TVA.
Peut-on imprimer la facture au comptoir ?
Le PDF reçu dans la conversation s’imprime comme n’importe quel document depuis un téléphone relié à une imprimante. Le plus souvent, le QR code suffit : le client télécharge lui-même son exemplaire.
Ce guide présente le cadre général applicable au Maroc. Il ne remplace pas l’avis de votre expert-comptable ni les textes publiés par la Direction Générale des Impôts, dont les valeurs chiffrées évoluent avec les lois de finances.